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#Cherbourg : Les Mercurielles 2017 : du 11 au 15 septembre - VéritéS en littérature !

Les Mercurielles 2017 : du 11 au 15 septembre - VéritéS en littérature !

Du 11 au 15 septembre, la 17e édition des Mercurielles, réseau d’ateliers d’écriture de Cherbourg-en-Cotentin, explore la notion de vérité en littérature.

Quatre auteurs animeront des ateliers d’écriture et des rencontres avec le grand public, ainsi qu’auprès de publics ciblés.

Vérité… Quelle vérité dire, écrire, c’est ce que décideront les différents participants aux ateliers proposés, que ce soit au sein d’une association ou d’un établissement scolaire ou d’une des bibliothèques qui accueilleront les écrivains. C’est une vaste thématique, qui permet de regrouper des livres très différents : quelle vérité dire, quelle vérité cacher, la vérité de l’un estelle celle de l’autre ? Que de questionnements.

Dans Je paie d’Emmanuel Adely, on reste au plus près de la vérité objective. L’auteur a choisi de présenter 10 années de consommation. Quelle est la vie d’un écrivain, ce qu’il dépense, comment il vit ? En regard : des informations brutes.

La subjectivité est dans le choix, dans cette mise en abîme. François Beaune choisit de nous parler de son Gérard. Fruit de nombreuses rencontres avec des « vrais gens » lors d’une résidence en Vendée, son roman est drôle, vrai, plein de petites remarques qui font mouche.

Comment présenter la vie de Monsieur tout le monde à Madame la Députée, Gérard déroule sa vie sous forme de menu, face à l’écoute attentive et muette de Aman, réfugié érythréen, accueilli chez lui un peu par hasard.

Claire Castillon distille son regard, tendre mais acéré sur les errements rebelles des adolescent(e)s. Tout y est tellement vrai, un air de ne pas y toucher et malgré tout, on se retrouve dans cet univers flou, à la frontière de l’enfance et de l’âge adulte où le besoin d’autonomie rejoint le besoin de protection.

Enfin, dans Majda en août, Samira Sedira retrace la vie de son héroïne, fille aînée d’une grande fratrie. De son enfance volée où elle joua très vite le rôle de mère, à son adolescence fracassée, on suit Majda jusqu’à ses errements d’adulte qui la ramènent au sein de la cellule familiale. Là où le choix de taire la vérité, le choix du silence lui ont dénié la possibilité de se reconstruire.

EMMANUEL ADELY

Emmanuel Adely est né à Paris en 1962. Depuis 1993, il a publié près d’une vingtaine de livres dans différentes maisons d’édition – des éditions de Minuit aux éditions du Seuil en passant par Stock, Losfeld ou Argol… Ses textes explorent le rapport entre réel et fiction dans ses dimensions familiales, affectives, sociales ou politiques, et s’illustrent dans une écriture flux (…) et, dans une spontanéité, celle-là même qui caractérise la parole, balayant jusqu’à l’ultime ponctuation. Ce questionnement littéraire, ancré jusque dans l’actualité s’expérimente dans un champ formel ouvert : romans, nouvelles, pièces radiophoniques, mais aussi films et vidéos, lectures performatives… Emmanuel Adely travaille (…) l’expression orale et l’expression écrite, la possibilité « d’écrire comme on parle et de lire comme on dit ». Ses livres, qui peuvent user de plusieurs voix, se faire l’écho d’un extérieur « objectif », ou bien utiliser le « je » narratif en font une des voix les plus singulières de la littérature contemporaine

« Dis-moi ce que tu achètes et je te dirai qui tu es. Emmanuel Adely a eu cette folle et brillante
idée de consigner chaque jour, pendant dix ans, ses achats, les associant à une information
relevée dans les journaux. Le résultat est très surprenant ! (…) cette gigantesque liste a le
mérite de mesurer le fossé qui existe entre notre quotidien et le reste du monde.(…). Petit ovni
littéraire et véritable reflet de notre époque, Je paie amuse autant qu’il questionne ».

Comment expliquez-vous que la lecture de ce matériau a priori aride soit très addictive ?

Est-ce symptomatique de notre goût du voyeurisme ? Emmanuel Adely : Soit on entre dans la grande histoire en se demandant ce qu’on faisait ce jour-là, soit on entre par la petite histoire, comme si cette espèce de flux permanent d’achat devenait un mantra. Bien sûr, dans notre société exhibitionniste, il était intéressant de montrer tout ce que j’achète. Ceux qui me connaissent entrent dans une certaine intimité, mais je montre surtout ce qu’est la vie d’un artiste, ce qu’il gagne, ses trajets quotidiens. Suis-je ce que je gagne ou autre chose ?

Peut-on parler de réel objectif ?

Vous notez des faits bruts, mais ils sont en réalité retravaillés par le montage, le collage, par votre regard, notamment lorsque vous rapportez l’actualité… Emmanuel Adely : Je parle de ce qui me choque ou m’amuse chaque jour. C’est un exercice anti-Alzheimer dans la société du flux continu, je voulais faire en sorte que tout le monde se souvienne de ces événements qui sont mon regard, totalement subjectif et politisé. Tout est fait pour qu’on oublie. L’homo economicus vote n’importe quoi, poussé par le sentiment, et ne réfléchit plus. Les grèves, les luttes sont totalement gommées. Le rappeler est un exercice citoyen. Je paie est aussi le carnet de mon écriture romanesque, fictionnelle, dans lequel sont présents tous les livres que j’ai écrits depuis dix ans. Alain Robbe-Grillet a donné à l’Imec tous ses tickets de train, de métro, ses notes d’hôtel, gardés de façon compulsive. C’est un corpus passionnant.

Avec Je paie, vous repoussez les limites de l’écriture. Est-ce, comme vous le dites, un journal d’écriture en marge de vos autres livres ou pensez-vous que vous avez franchi un cap qui vous rendra difficile le retour à la forme roman ?

Emmanuel Adely : Les deux. Je paie est le contrechamp de tous les autres livres, comme un effet miroir. C’est à la fois accessoire et complètement lié à une absence volontaire d’écriture. Pourtant elle existe. Je veux être le plus proche possible du fait, être présent avec un « je » qui devient universel, au moins en Occident. (…) Je paie est un métaroman, le roman de tous mes romans, mais il contient aussi tous ceux que j’aurais pu écrire. François-Marie Banier ou Kim Kardashian sont des personnages de fiction. Les articles de presse absorbent l’écriture possible, tout est dit. La société de l’information et du spectacle mange la littérature par le storytelling. Je renvoie la balle en m’appropriant l’objectivité économiste, je veux faire de la littérature avec ce monde de chiffres. Je ne sais pas comment je pourrai revenir à une littérature plus classique. Je n’aime pas réécrire la même chose, c’est mon plaisir et mon danger.

FRANÇOIS BEAUNE

François Beaune est né en 1978 à Clermont-Ferrand. Résidant désormais à Marseille, il est l’auteur, aux Éditions Verticales, de trois fictions : Un homme louche (2009 ; Folio, 2011), Un ange noir (2011) et La lune dans le puits, des histoires vraies de Méditerranée (2013 ; Prix des Lycéens et Apprentis d’Île-de-France 2014). François Beaune a fondé deux revues, La Cocotte (de 1998 à 2001) puis Louche de 2002 à 2004. Il a collaboré avec Arte-Radio, plusieurs metteurs en scène de théâtre et écrit un album pour la jeunesse, Youk le râleur (Hélium, 2014). A partir de décembre 2011, parti en quête d’histoires autour de la Méditerranée, il a créé avec Fabienne Pavia une bibliothèque d’Histoires vraies de la Méditerranée (textes, sons, vidéos). Ce projet s'est soldé en octobre 2013 par la parution de son ouvrage, La Lune dans le puits, ou le portrait des Méditerranéens à travers leurs histoires vraies en miroir de celles de l’auteur.

« Sa vie parle pour beaucoup d'autres, elle défile tout au long du livre comme une armée avec
une seule tête, une foule au singulier pluriel. L'article indéfini, qui ouvre le titre, annonce
d'emblée la couleur : Une vie de Gérard en Occident. Un destin générique, celui d'un homme au
prénom banal, un poil désuet, une voix comme la somme de dizaines d'autres, de celles qu'on
n'entend jamais. Les « vraies gens », comme disent certains avec une condescendance qui
confine au mépris de classe, prennent la parole à travers Gérard. Et Dieu sait s'il parle, Gérard,
il se raconte, se souvient, s'abandonne, Gérard, il s'épanche, et c'est tout le village de SaintJean-des-Oies,
en Vendée, qui vient avec lui, ses parents et leur hôtel-bar-resto-PMU, Dédé, le
frère aîné, le seul à avoir décroché le bac, Annie, sa femme, Asil, le Turc de l'abattoir,
importateur de boyaux de mouton, Alain, le pro du camping. A l'heure de l'apéro, il se confie à
Aman, un réfugié érythréen qu'il héberge pour quelques semaines. Et qu'importe qu'Aman,
mutique, ne comprenne pas grand-chose à son soliloque, Gérard déroule ses trente-deux
contrats de travail et sa vie, celles de ses proches, abonnés aux mêmes galères et aux mêmes
bonheurs, jusqu'à l'épuisement, comme si la bonde, soudain, était lâchée.
Le roman s'organise ainsi en courts chapitres, éclats, portraits, anecdotes, comme autant de
miniatures toutes ponctuées d'une chute, le plus souvent douce-amère, l'ensemble sous la
forme d'un « Menu ouvrier », d'« Amuse-gueule » à « Cigares » et « Gnôles ». Au bout du
compte, il n'est pas mécontent de sa vie, Gérard, qui se définit comme « l'anti-Brel », celui qui
n'a jamais rêvé de partir sur une île. « Je ne pense pas que les gens soient bien différents d'un
côté ou de l'autre du monde, en Erythrée chez toi ou ici dans le bocage. Sur terre on est les
mêmes, ils changent juste le décor », dit cette voix colorée, rabelaisienne, chahutée, drôle et sensible. Cette voix à laquelle François Beaune prête tout son talent après en avoir recueilli des
dizaines. On l'écoute, et on l'entend encore, cette voix qui vous réjouit autant qu'elle vous noue
l'estomac : « c'est peut-être ça, le bonheur, de pas avoir d'envies d'ailleurs. Tu trouves pas ? »

« François Beaune, Marseillais d’adoption, fait paraître aujourd’hui Une vie de Gérard en
Occident, une quatrième fiction, provinciale et hilarante, façonnée d’échos vendéens et
d’anecdotes de bocages.
A travers le « je », l’auteur déroule la vie de « Monsieur-Tout-le-Monde » de son Gérard du 85 :
ses amis, ses amours, ses emmerdes. Reflets cocasses, tragique ou tendres d’une existence
made in France profonde (…)
Comme dans son ouvrage précédent, François Beaune croque ici « un seul et même individucollectif
». (…) Mais au-delà des clichés et des procès précipités, ce que fait tonner ici le
romancier, avec l’humour en garde-fou, c’est la parole de cette France patrimoniale en voix
d’extension. Cette France des prolos, des agriculteurs, des ouvriers : ces « vraies gens » de 50
ans et plus qui, à l’heure du déclin de la paysannerie, de la désindustrialisation et de
l’urbanisation galopante, risquent de n’être plus bientôt qu’une obsession de candidat en
campagne ».

CLAIRE CASTILLON

Claire Castillon est née le 25 mai 1975 à Boulogne-Billancourt. Depuis son premier roman, Le grenier (éditions Anne Carrière), elle a publié une douzaine d’ouvrages, dont trois recueils de nouvelles, parmi lesquels : Insecte, Les cris (Fayard) ou Les merveilles (Grasset). Portée par un ton et un regard très singuliers, son œuvre s’impose comme une des plus originales de sa génération

« Plongeon dans le monde ambivalent de l'adolescence dans Rebelles, un peu, par Claire
Castillon.
Rebelle, un peu, adolescent, beaucoup. Vingt-neuf nouvelles de Claire Castillon, ou 29 variations
sur cet âge dont on s'étonne encore d'être sorti vivant. La piqûre de rappel fait mal, mais,
comme tout bon livre, elle fait aussi du bien. Car il faut se souvenir. De cet entre-deux où la
présence des parents se fait plus lourde, nécessaire encore, insupportable, dangereuse parfois.
On se côtoie, et on se méprend. On paie beaucoup la folie de ceux qui nous ont mis au monde ;
alors on les fait payer, un peu.
"Ma mère aimerait que je fugue plus près de chez nous"
Être beaucoup adolescent, c'est être un peu désorienté, abondamment dans l'euphémisme,
légèrement dans l'excès. Pour l'oxymore de sentiments, il faut une plume trempée à la douce
cruauté. Et écrire du lieu même de l'adolescence, là où s'agitent les ambivalences comme des
poissons dans l'eau - et même si on a passé l'âge. L'écriture, c'est comme l'inconscient : ça n'a
pas de temps, ça ne vieillit pas.
On se retrouve dans presque tous les "je" qui prennent la parole. "Ma mère aimerait que je
fugue plus près de chez nous." "Je veux grandir mais je n'y arriverai que s'ils ne courent pas
après le car." Ils n'ont pas seulement peur, les parents, ils empêchent. Ou ils s'en fichent,
comme ce prof de chimie et cette prof de physique qui ne se parlent que par formules
scientifiques, mettent trop de C1Na dans la soupe et se félicitent que leur fille les appelle B+ et
O-.
Bob Marley est un prophète : "Mieux vaut mourir pour la liberté qu'être prisonnier chaque jour
de ta vie!" mais, souvent, il faut se conformer aux usages de sa bande, comme perdre
sa virginité. Libre, un peu, prisonnier, beaucoup. C'est drôle, c'est léger, c'est tragique, à deux
doigts de la folie, comme l'adolescence. Délicieux. Un peu, beaucoup »

« Après Les messieurs paru en 2016, Claire Castillon s’intéresse aux ados. Un recueil de vingtneuf
nouvelles plus tendres que cruelles.
Qu’ils soient rebelles ou totalement déprimés, qu’ils aient couché ou pas, qu’ils portent des
dreadlocks ou pas, les ados restent un mystère. Ni tout à fait adultes ni tout à fait enfants. En
transit entre deux mondes. Celui dont ils ne veulent plus et celui dont ils ne sont pas certains de
vouloir vraiment. La romancière Claire Castillon dresse une cartographie en vingt-neuf étapes
de leur drôle de pays où il ne fait pas si bon vivre. Souvenez-vous. Ce n’est pas si loin et
l’auteur d’Insecte, qui semble n’avoir rien oublié de ses jeunes années, va vous y aider. Qui
sait, peut-être vous reconnaîtrez-vous dans l’un de ces personnages plus vrais que nature. Il y a
celle qui ne se lave jamais, celle qui tuerait père et mère pour un sac Balenciaga, celle qui
aimerait qu’on lui dise combien elle est nulle, celle qui parle mal à sa mère, celui qui habite à
Versailles et qui fugue à Trappes, celui qui sait tout sur les dreadlocks… et les autres. Chacun à
sa manière raconte cette chose si naturelle et pourtant si difficile qu’on appelle grandir. "Je n’ai
pas envie de grandir", confesse l’une des héroïnes de Claire Castillon, "Je ne vois pas pourquoi
on me force. Je veux rester au pays des rêves, déguisée en fée, en princesse. Je veux qu’on m’endorme doucement, mains dans les cheveux en me berçant. Je veux qu’on me raconte que
les hommes sont des princes aux dons merveilleux, je veux qu’on se réjouisse de ce que je dis,
qu’on me fasse couler des bains chauds, qu’on me protège, qu’on me surveille. Je veux qu’on
me porte après l’école, qu’on me parle tout doucement et qu’on me tienne par la main".
Avec Rebelles, un peu, l’auteur des Merveilles épingle les ados avec justesse, mais sans cette
cruauté qui caractérisait ses précédents livres et qu’elle réserve ici aux adultes. Entre le père
qui envoie par mégarde à sa fille des textos destinés à sa maîtresse, et la mère prête à tout
pour l’amour de ses proches, chacun en prend pour son grade. Tandis que le cœur de l’auteur
bât résolument pour ces herbes folles poussées trop vite. Et le nôtre pour ce recueil où tout est
juste, tendre et drôle ».

SAMIA SEDIRA

Née en Algérie en 1964, formée à l’école du Centre dramatique national de Saint-Etienne, elle devient comédienne dans le théâtre public français. En 2008, après une vingtaine d'années dans des emplois d'actrice au théâtre et au cinéma, elle se retrouve en fin de droits, en tant qu'intermittente et sans aucun engagement à venir, ni aucune proposition. Bien que son compagnon travaille, elle veut maintenir une activité, et devient, des années durant, femme de ménage, à défaut d'autre emploi. En 2013, elle publie un premier roman, L'Odeur des Planches, remarqué. Par la suite, Samira Sedira retrouve des engagements au théâtre, mais garde l'envie d'écrire à nouveau. Elle publie en 2016 son deuxième roman, Majda en août. Elle vit en banlieue parisienne.

L’écrivaine et comédienne, qui fut femme de ménage pendant ses années de galère, veut favoriser l’émancipation des filles d’immigrés.

« Quand elle était adolescente, dans la cité HLM de La Seyne-sur-Mer (Var) où sa mère vit
encore, Samira Sedira a été anorexique. « Je voulais effacer tout signe extérieur de féminité. Je
savais que devenir femme, chez nous, c’était dangereux, on portait l’honneur de tout un clan. »
C’est une cocotte-minute qui l’a tirée de là. Préparant à manger pour ses sept frères et sœurs,
elle a dévissé le couvercle de la cocotte avant même de libérer la vapeur. Brûlée sur une partie
du corps, elle a dû rester à la maison le temps de la guérison. Pour la première fois, elle avait
sa mère pour elle seule et ne faisait plus partie des « oubliées », ces filles dont on parle peu
chez ces enfants d’immigrés de la première génération. « Mes frères ont été élevés dans une grande liberté et nous, les filles, pas du tout. Les seules qui peuvent débloquer ça, ce sont les
mères. Elles éduquent les garçons comme des rois, des petits machos, les filles comme des
servantes », dit-elle. C’est pour donner une voix à ces oubliées que Samira Sedira a écrit Majda
en août, son deuxième roman. Un texte court qui prend aux tripes, avec ses phrases acérées
comme des lames.
Majda, son héroïne, a 45 ans. Née « d’une mère tunisoise et d’un père algérois », elle a six
frères. A 12 ans, quand ses seins poussent, on la regarde d’un drôle d’air dans la cité de
La Ciotat. Son père ne la surveille pas assez ? Le frère aîné va s’en charger. Coups, insultes,
crachats, humiliations, il n’épargne rien à la jeune fille. « Alors un jour, elle s’est inclinée. […]
Son statut était réduit à son plus simple effet : elle était une fille, elle devait obéissance à tous.
Sa droiture morale était le garant de l’honneur du clan. » Majda, à force de se gommer, en perd
le goût de vivre. Elle finira à l’asile avant d’être récupérée par des parents désarmés »

« Fouzia passe son temps à nourrir sa fille. Comme beaucoup de pauvres, elle pense que le seul
moyen de reprendre goût à la vie, c’est de manger. » Fouzia et son mari Ahmed, débarqués
comme tant d’autres d’Algérie au début des années 1960, ont récupéré leur fille Majda, 45 ans,
à l’hôpital psychiatrique. Seule fille parmi leurs sept enfants, Majda vit célibataire à Paris, après
des études brillantes. Elle ne leur a jamais parlé de ces crises qu’elle sent régulièrement venir,
quand les voix l’envahissent. C’est parce que, cette fois, on l’a récupérée pieds nus près de chez
eux, demandant à chacun où se trouve Babylone, qu’ils ont été avertis. Traumatisée par sa
visite chez les fous et préférant aux médecins le taleb du quartier, Fouzia regarde Majda
repousser son assiette, comptant sur le temps et la patience : « La goutte incessante creuse la
pierre. » Majda, elle, renoue avec les odeurs d’une enfance minée par le manque d’amour, dans
un univers où mieux aurait valu ne pas être fille, à l’adolescence. L’auteure de L’Odeur des
planches (Le Rouergue, 2013), que Sandrine Bonnaire a joué au théâtre, décrit l’écartèlement
entre deux cultures et deux milieux. Après avoir raconté sans fard aucun comment, passé 45
ans, elle a dû, faute de nouveaux engagements, se résoudre à faire des ménages comme sa
mère avant elle, l’ancienne comédienne multiplie les choses vues aux confins de la folie avec
une saisissante justesse, et un indéniable sens de la dramaturgie ».

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ATELIERS D’ÉCRITURE, RENCONTRE LITTÉRAIRE ET SPECTACLE LES ATELIERS D’ÉCRITURE

Ouverts à toutes et tous sur inscription

Contact : 02 33 88 43 01

Lundi 11 septembre A 18h au Quasar – Cherbourg-Octeville Avec Emmanuel Adely, auteur de Je paie

Jeudi 13 septembre A 18h à la bibliothèque Louis Lansonneur - La Glacerie Avec Claire Castillon, auteure de Rebelles, un peu

LA RENCONTRE LITTERAIRE En partenariat avec la librairie Ryst

Mercredi 13 septembre A 18h30 au Ballon Rouge/Galerie Bër, rue du Port – Cherbourg-Octeville Avec les quatre auteurs invités : Emmanuel Adely, François Beaune, Claire Castillon et Samira Sedira.

LE SPECTACLE Par la Compagnie du Phoenix

Vendredi 15 septembre A 20h30, Théâtre des Miroirs, 16 rue Martin Luther King – La Glacerie Restitution des textes des ateliers Entrée libre

ATELIERS D’ÉCRITURE EN PARTENARIAT

Outre les deux ateliers d’écriture précités, destinés au grand public, dix-huit autres ateliers se tiendront au cours de cette semaine, en partenariat avec des structures et associations de Cherbourg-en-Cotentin.

Lundi 11 septembre 14h-17h : Collège Diderot avec Claire Castillon 14h-17h : Bibliothèque pour tous – Puzzle avec Samira Sedira 18h-21h : Quasar avec Emmanuel Adely

Mardi 12 septembre 9h-12h : Espace-temps FJT avec Emmanuel Adely 14h-17h : Point Accueil Eglantines avec François Beaune 14h-17h : CHRS le Cap avec Samira Sedira 18h-21h : Bien-être en Cotentin avec Claire Castillon

Mercredi 13 septembre 9h-12h : Lycée Tocqueville avec Emmanuel Adely 9h-12h : Collège Les Provinces avec François Beaune 14h-17h : Maison Françoise Giroud avec Claire Castillon

Jeudi 14 septembre 9h-12h : Au fil de l’eau avec François Beaune 14h-17h : INFREP avec Emmanuel Adely 14h-17h : Maison Olympe de Gouges avec Samira Sedira 17h30-19h30 : MECS avec François Beaune 18h-21h : Bibliothèque La Glacerie avec Claire Castillon

Vendredi 15 septembre 9h-12h : Lycée Millet avec Emmanuel Adely et Samira Sedira 9h-12h : Collège Zola, classe ULIS avec Claire Castillon (Atelier se déroulant à la bibliothèque de La Glacerie) 14h-17h : Résidence du Vieux Château avec François Beaune

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