Discours d'Hervé Morin, Président de la Région Normandie - Assemblée plénière - Cotentin Web le Site
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Discours d'Hervé Morin, Président de la Région Normandie - Assemblée plénière

Discours d'Hervé Morin, Président de la Région Normandie - Assemblée plénière

Intervention de M. Hervé MORIN, Président de la Région Normandie

Discours d'Hervé Morin, Président de la Région Normandie - Assemblée plénière

Mes chers collègues,

Je vous souhaite la bienvenue à Caen pour cette 1ère assemblée régionale de l’année 2018. Bienvenu particulièrement à François DUFOUR qui succède à Stéphane TRAVERT et qui siègera au sein du groupe Europe-Ecologie-Les Verts.

Mes chers collègues, un événement dramatique a endeuillé Dieppe samedi. Une explosion au sein d’un site de l’entreprise SAIPOL a provoqué la mort de deux salariés de la société de maintenance SNAD. La Région Normandie adresse ses condoléances aux familles touchées par ce drame. Je vous propose que nous respections une minute de silence à la mémoire des victimes et en solidarité avec les Dieppois.

Mes chers collègues, le temps des vœux est révolu mais permettez-moi tout de même de nous souhaiter collectivement une année placée sous le signe du volontarisme, de l’audace et de notre détermination à la création de valeur ajoutée pour le territoire et les Normands.

Cela implique de prioriser nos interventions en faveur des domaines qui font leviers sur la croissance et le rayonnement : le développement de nos entreprises, la formation de la jeunesse, le désenclavement et l’attractivité de la Normandie.

En l’espèce, je suis heureux de vous confirmer aujourd’hui que nos efforts en faveur de l’investissement économique commencent à porter leurs fruits. Plusieurs statistiques indiquent en effet un rebond de l’économie normande plus important que la moyenne nationale. Trois indicateurs indépendants en témoignent. Le nombre de liquidations d’entreprises tout d’abord. Selon le tribunal de commerce de Rouen, les cessations de paiements ont diminué de 24% en 2017 et les liquidations judiciaires de 28%. A l’échelle nationale, les défaillances d’entreprises ont également connu un recul en 2017 mais seulement, si je puis dire, de 6,5% ! Des résultats de même nature sont constatés dans les autres tribunaux.

On a également créé davantage d’entreprises en Normandie qu’ailleurs en 2017. Le nombre de création, hors micro-entreprises, s’est ainsi élevé à 13,2% en Normandie contre 11,6% en France. Enfin, on investit désormais plus en Normandie que dans l’hexagone. Le Crédit agricole de Normandie a vu son volume de crédits augmenter de près de 16% en 2017. C’est un record pour la Banque. L’histoire nous apprend à être modestes dans le domaine économique. Je constate cependant que la Normandie n’est plus en queue de peloton dans les indicateurs et je m’en réjouis.

Mes chers collègues, quelles leçons devons-nous tirer de cette évolution ? Tout d’abord, que nous devons, sans relâche, maintenir l’effort d’accompagnement de nos entreprises. Sophie GAUGAIN, Vianney de CHALUS, Christophe LECOURTIER, Directeur général de Business France, et moi-même avons ainsi lancé il y a quelques jours un dispositif commun de simplification et de soutien à l’export unique en France. Il propose aux entreprises normandes une gamme globale de prestations sur mesure. Avec ce guichet unique appelé Export Box, les entreprises seront prises en charge sous 12 jours par un chargé d’affaires qui les accompagnera de bout en bout dans leurs démarches, quelle que soit leurs besoins, de l’élaboration d’un diagnostic ou d’une stratégie, à l’étude de marché ou à l’accompagnement concret à l’implantation.

Le volet régional du plan d’investissement d’avenir que la Région finance à part égale avec l’Etat va également de ce sens. J’ai lancé il y a quelques jours les deux premiers appels à projets entrant dans ce dispositif. Le premier vise à accélérer l’émergence et le développement d’entreprises leader dans leur domaine, créatrices d’activités et d’emplois à forte valeur ajoutée. Le second est dédié à l’amélioration de la compétitivité des filières stratégiques normandes. Je rappelle que le PIA3 régionalisé, c’est au total, près de 18,5 millions € dédiés au financement de projets d’entreprises innovantes en Normandie.

Je salue également l’initiative de Normandie participations qui a organisé le 8 février à Rouen le 1er Investment day, regroupant 150 personnes venues de Normandie et de la Région parisienne pour soutenir les projets de start up normandes cherchant à financer leurs projets de développement par une levée de fonds allant de 300 000 € à 3 000 000 €.

Enfin, nous poursuivrons la mise en œuvre des dispositifs existants, à commencer par ARME dont je présentais récemment le bilan avec Christiane VULVERT devant les salariés de I-Métal, ex-Debris, près du Havre. Depuis juillet 2016, 370 entreprises ont été accompagnées par ARME, 217 à travers du conseil et 153 par le biais d’un financement qui s’élève au total à 18 millions €, essentiellement du prêt. C’est autant d’entreprises en difficultés et près de 7000 emplois sauvés ; et surtout ce qui est remarquable c’est le niveau de survie des entreprises au bout de 18 mois d’existence puisqu’il est de 96%.

Nous ne devons pas, mes chers collègues, hésiter à parler avec enthousiasme du savoir-faire normand ! Nous avons encore trop d’états d’âme à le promouvoir en France et surtout à l’étranger. Nous avons pourtant encore été la 2ème délégation régionale française la plus importante au CEIS de Las Vegas en janvier dernier. De même, j’entends encore les sarcasmes dans cet hémicycle lorsqu’il s’est agi d’accompagner des entreprises en Iran ou en Corée. Les faits sont là : plus d’un an après le déplacement en Iran, une filière d’exportation bovine entre la Normandie et Téhéran a été créée et par exemple, l’entreprise DIELEN, située à Tourlaville, a signé un contrat pour distribuer l’ensemble de sa gamme auprès des pharmacies iraniennes. Cinq mois après la visite éclair en Corée, le géant de l’agroalimentaire SPC a décidé de s’implanter à Saint-James pour créer sa base arrière visant à exporter ses produits au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Nous devons enfin, comme dans les autres domaines, faire preuve d’ouverture face aux idées reçues et vivre avec notre temps. La création d’ici la fin de l’année d’une monnaie normande en est l’illustration. Elle s’appellera le Rollon. Au cours des prochaines semaines, la Région et l’Association pour une monnaie normande citoyenne vont multiplier les réunions d’information en lien avec les unions commerciales. Il s’agira de convaincre le plus grand nombre de commerçants possible que le Rollon, à l’instar des nombreuses monnaies locales dans le monde, constitue un moyen éprouvé de dynamiser l’économie locale et de revitaliser les centres-bourgs car elle encourage le consommateur à faire ses achats dans les commerces de proximité et à privilégier les produits en circuit court.

Mes chers collègues, s’il y a un second domaine où l’action publique mérite d’être particulièrement puissante et efficace, c’est la formation de la jeunesse. Pilote des politiques de développement en Normandie, la Région entend donner toutes leurs chances aux jeunes normands, non pas comme trop souvent à travers des mesures gadgets, mais en leur préparant des perspectives meilleures en terme de conditions d’études (c’est notre régime de bourse pour leur mobilité internationale pour lequel nous mobilisons 4 millions d’euros) pour leur condition de vie, (c’est le dispositif Atout Normandie, pour lequel nous consacrons 15,5 millions d’euros la nouvelle carte de formation et d’accès à l’emploi ou encore l’investissement dans les lycées (plus de 600 millions d’euros jusqu’en 2022), ou la nouvelle carte de formation dont vous aurez à débattre dans quelques instants témoigne de cette forte ambition. Pour la première fois en Normandie, elle a fait l’objet, sous le pilotage de David MARGUERITTE, d’une préparation au plus près du terrain, territoire par territoire, avec aucun autre objectif que de répondre aux besoins des entreprises de façon à ce que nos jeunes soient conduits à l’embauche. Au total, 70 formations nouvelles seront ouvertes à la rentrée 2018, dont 59 en apprentissage, soit 1049 places de formations nouvelles. Parallèlement, la Région va ouvrir au cours des 3 prochaines années 16 966 places de formation par an pour répondre aux besoins des demandeurs d’emplois et aux difficultés de recrutement des entreprises. Plus de 420 entreprises ont participé à cette démarche qui ne demeurera bien entendu pas figée, pour le plus grand bénéfice, au premier chef, de nos jeunes.

Je regrette vivement que cet effort capital pour nos entreprises et nos jeunes, que seules les Régions sont à mêmes de mener, soit gravement menacé par la réforme de l’apprentissage qui a été annoncée par le gouvernement. Je l’affirme, cette refonte, qui partait sur de bonnes intentions - celles de renforcer l’apprentissage dans notre pays -, risque d’être le dernier clou dans le cercueil de l’apprentissage. Je le répète, si le gouvernement n’a pas le courage de confier aux Régions l’orientation et l’information des jeunes et des familles, la réforme de l’apprentissage s’avèrera un recueil de bonnes intentions. Je le répète, si le gouvernement ne simplifie pas les conditions de travail des apprentis, l’embauche des mineurs, continuera à être insuffisant et enfin, je le répète et je le réaffirme, la dotation nationale de 250 millions d’euros pour le maintien des CFA au titre de l’aménagement du territoire s’avèrera nettement trop faible pour maintenir le maillage des formations par alternance.

En l’espèce, en Normandie, la Région ne disposera plus que de 8 à 10 millions € par an de dotations de l’Etat contre près de 90 millions € de taxe d’apprentissage. Elle ne sera donc plus en mesure d’investir dans de nouveaux grands projets, alors que les besoins existent, notamment avec le CFA de la Chambres des métiers au Havre et les 3 IFA à Alençon. Par ailleurs, l’enveloppe que l’Etat prévoit de donner à la Région pour accompagner les CFA les plus fragiles atteindra dans le meilleur des cas 13 millions € alors que le déficit des CFA s’élèvera à près de 30 millions €. La Région n’aura plus les moyens de soutenir les CFA déficitaires qui pourtant ont un rôle majeur en direction des entreprises des territoires et en termes d’aménagement du territoire, à l’image du CFA du bâtiment d’Alençon, construit il y a quelques années, ou du CFA des Métiers de Coutances, un des plus important de Normandie. Aujourd’hui, 44 CFA seraient impactés, les CFA les plus affectés étant les CFA agricoles, la totalité des 7 CFA du BTP, des 8 CFA industriels et des 4 CFA du transport, et enfin les CFA de l’enseignement supérieur privé.

Après des années de baisse, le nombre d’apprentis a augmenté en 2017 de près de 6% en Normandie.

En dépit de la croissance, l’apprentissage risque d’être en difficulté en 2018/2019 par la mise en œuvre d’une vision technocratique et Jacobine de la construction du nouveau modèle qui nous est proposé.

Préparer au mieux nos jeunes à la vie active, c’est également leur permettre de suivre des études supérieures de qualité dans un environnement scientifique et économique à la hauteur des enjeux de demain. C’est dans cette perspective que deux plans campus sont en cours d’élaboration à Caen et à Rouen. Dans les deux cas, l’ambition sur nous partageons avec les deux agglomérations est la même: renforcer l’attractivité et le rayonnement de nos universités en les adaptant au modèle des campus du futur de façon à attirer l’excellence.

Mes chers collègues, le troisième grand chantier que nous accélérons en ce début d’année est celui du désenclavement de la Normandie. Il y aura je l’espère, dans quelques semaines, la présentation de notre travail commun avec Le Havre, Caen et Rouen sur les aéroports. Nous aurons l’occasion d’en reparler. Jean-Baptiste GASTINNE et moi avons par ailleurs annoncé début janvier le déblocage de deux nouveaux chantiers routiers structurants pour la Normandie. La portion de la RN13 entre Evreux et Chaufour, maillon manquant pour permettre au chef-lieu du département de l’Eure de bénéficier d’une liaison routière rapide avec Paris, sera enfin aménagée en deux fois deux voies. La Région prendra en charge ce chantier, avant de remettre l’ouvrage à l’Etat qui l’exploitera. Par ailleurs, le demi-échangeur manquant au niveau de la Haie tondue sur l’A13 sera construit par la SAPN d’ici 3 ans, parallèlement à l’élargissement à 2 fois 3 voies de la portion de l’A13 entre Pont l’Evêque et Dozulé. La réalisation de ce chantier dont on nous parle depuis plusieurs décennies a été rendue possible par l’intervention à hauteur d’1,5 million € chacun de la Région et du Département du Calvados.

Sur les trains, l’actualité vient une fois de plus nous conforter dans le choix d’avoir engagé la Région dans la reprise des trains intercités en 2020 en contrepartie du plan Marshall que vous connaissez. Heureusement mes chers collègues que nous l’avons fait ! Les rapports DURON et SPINETTA recommandent en effet à notre bon vieil Etat stratège ni plus ni moins que le saucissonnage de la LNPN, c’est-à-dire purement et simplement son enterrement, le désengagement de l’Etat - synonyme d’abandon - de lignes de train telles que le Paris-Granville au-delà d’Argentan, du Granville-Rennes et du Le Mans-Alençon et le report de quelques années de la liaison A28-A13 dans une des hypothèses financières. Je note au passage que le rapport DURON préconise en outre la mobilisation de 50 petits millions d’euros pour la modernisation des grands ports maritimes ce qui relève de la face. Quand on sait que pour le seul port du Havre, nous avons besoin d’investissements de plusieurs centaines de millions d’euros avec les quais 11 et 12 et la Chattière.

J’attends du Premier ministre qu’il fasse prévaloir la raison et le bon sens dans ces dossiers où jamais la Normandie n’aura été aussi maltraitée.

Quatrième pilier de l’action régionale, l’attractivité. Là encore, deux dossiers important ont connu des avancées majeures tout dernièrement, à commencer par le dossier de candidature des Plages du Débarquement à l’inscription au patrimoine mondial. Fruit du travail de plusieurs majorités et d’une volonté sans faille de la Basse-Normandie, je me réjouis que celui-ci ait été déposé le 25 janvier dernier par l’Etat auprès de l’Unesco. La candidature est désormais officielle. Elle sera examinée par le Comité du Patrimoine mondial de l’UNESCO lors de sa session de juillet 2019, après plus d’un an et demi d’instruction, et notamment un déplacement d’une semaine en Normandie, à l’automne 2018.

Enfin, la Région a choisi de miser sur deux sites médiévaux à très fort potentiel touristique afin d’en faire des locomotives touristiques pour la Normandie. Il s’agit, chère Marie-Agnès POUSSIER-WINSBACK, de la cité médiévale de Domfront en Poiraie dans l’Orne et de Château-Gaillard dans l’Eure. Dans les deux cas, la Région et les intercommunalités vont imaginer ensemble les projets à mettre en œuvre pour que ces sites deviennent des grandes destinations touristiques.

Mes chers collègues, je refuse que notre mission soit celle d’un guichet, que notre rôle soit celui d’intervenir partout et tout le temps. Nous devons incarner une collectivité ambitieuse, responsable et ayant un cap, et s’interdisant le saupoudrage et le clientélisme. C’est à ce prix que la Normandie qui se portera mieux.

Je vous remercie de votre attention.

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