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#Roman #Culture : NÁTT de RAGNAR JÓNASSON !

NÁTT de RAGNAR JÓNASSON !

En moins de deux ans, 240 000 exemplaires de Snjór et Mörk de Ragnar Jónasson ont été vendus. Il est publié aujourd'hui dans 18 pays.

Dans cette troisième enquête de l’inspecteur Ari Thór, un cadavre est retrouvé au bord d’un fjord. C’est l’été à Siglufjördur et dans cette région arctique, de juin à septembre, le soleil ne se couche jamais. Mais le nuage de cendres de la récente éruption du volcan Eyjafjallajökull plonge l’île dans une obscurité inhabituelle pour la saison, propice à toutes les menaces … Ari Thór, de la police locale de Siglufjörður, est envoyé sur les lieux. Mais il n’est pas seul. Une jeune reporter de Reykjavik, en mal de sensations fortes, se met en tête de venir enquêter elle aussi sur le crime. Mais quelles sont ses vraies motivations ? Et quels étaient ses liens avec la victime ? Le silence et les non-dits pèsent sur l’affaire, comme l’épaisse fumée noire qui paralyse le pays. Une course contre la montre s’enclenche pour empêcher le tueur de perpétrer un nouveau meurtre… Sombre, terrifiant et complexe, Nátt est un exceptionnel roman policier d’atmosphère, écrit par une des étoiles montantes du polar nordique.

#Roman #Culture : NÁTT de RAGNAR JÓNASSON !

Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur, la ville où se déroule Snjór. Grand lecteur d’Agatha Christie dès son plus jeune âge – et plus tard de P.D. James ou Peter May –, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais.

Avocat et professeur de droit à l’Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers «Iceland Noir ». C’est l’agent d’Henning Mankell qui a découvert Jónasson et vendu les droits de la série « Dark Iceland » dans plus de quinze pays, dont les États-Unis et l’Angleterre.

Ça vous plaît, l’Islande ?

Depuis son arrivée dans l’île, tout le monde lui posait cette question.

La belle aurore de juin annonçait une journée prometteuse. Non qu’il y ait une différence très nette entre le matin et le soir: à cette période de l’année, le soleil brillait pratiquement sans interruption, jetant sa lumière aveuglante partout où Evan Fein portait le regard.

Étudiant en histoire de l’art, originaire de l’Ohio, il se préparait depuis longtemps à découvrir cette île aux confins du monde habitable. Et il s’y trouvait enfin. Peu avant son arrivée, les Islandais avaient eu droit à deux éruptions volcaniques consécutives, comme si la Nature avait concentré toute son énergie pour ajouter au désastre du crash financier. L’activité du volcan s’était, depuis, quelque peu apaisée ; Evan n’avait pas assisté au plus fort du spectacle.

Il avait commencé par quelques jours à Reykjavik et dans ses environs pour admirer les sites touristiques incontournables, puis loué une voiture et pris la route du Nord. Après une nuit passée dans un camping de Blönduós, il partit de bonne heure en direction de Skagafjördur. La voiture était équipée d’un lecteur CD, il y glissa l’album de vieilles ballades islandaises qu’il venait d’acheter. Cette musique lui plaisait, même s’il ne comprenait pas les paroles. Il se sentait heureux, ainsi immergé dans la culture du pays qu’il explorait comme un vrai baroudeur.

Il s’engagea sur la route sinueuse de Thverárfall qu’il quitta juste avant la ville de Saudárkrókur, sur le versant le plus lointain de la péninsule. Il avait envie de jeter un coup d’œil à la source de Grettir, ce bain chaud ancestral entouré d’un muret de pierre, censée, se situer dans les environs, non loin de la côte. Roulant au pas sur la piste cahoteuse, il se demanda s’il ne perdait pas son temps à essayer de le localiser. Toutefois, l’idée de se détendre un peu dans l’eau fumante tout en savourant la beauté du paysage et la tranquillité du matin était séduisante. Il continua d’avancer lentement, dispersant sur son passage les troupeaux de moutons, mais les sources demeuraient introuvables. Il avait dû rater un embranchement. Chaque fois qu’il passait devant une ferme, il scrutait le paysage pour repérer l’accès aux sources – au fond d’un champ, en contrebas d’un virage, le long d’un chemin de terre… Avait-il roulé trop longtemps?

Enfin, il avisa une jolie maison en bordure de route qui, vue de plus près, paraissait inachevée. Une camionnette grise était garée juste devant. Evan se rangea le long du chemin. Et sursauta.

Le conducteur de la camionnette – était-ce le propriétaire des lieux? – était étendu par terre, juste à côté de la maison. Immobile. Inconscient? Evan retira sa ceinture de sécurité et ouvrit la portière sans même couper le contact. Les ballades folkloriques continuaient de grésiller à travers les minuscules haut-parleurs, distillant une ambiance irréelle.

Le premier réflexe d’Evan fut de se précipiter vers la maison, mais il ralentit à mesure que la scène lui apparaissait dans toute sa crudité. L’homme était mort. Ça ne faisait aucun doute. Et pas de doute non plus sur le fait qu’il s’agissait d’un homme, à en juger par sa corpulence et ses cheveux coupés court. Impossible en revanche d’identifier son visage : il disparaissait sous une bouillie sanglante.

À la place d’un œil, une orbite vide.

Tétanisé, Evan fixait le cadavre devant lui. Il aspira une grande lampée d’air et finit par fouiller sa poche à la recherche de son téléphone. En fond sonore, incongrues, les ballades islandaises.

Il se retourna subitement pour s’assurer que l’agresseur de la victime n’était pas derrière lui.

Rien. Evan était seul – avec le cadavre.

À côté du corps, il remarqua un morceau de bois taché de sang.

L’arme du crime?

Il vomit, l’esprit noyé par un flot de pensées.

Réfléchis. Garde ton calme.

Il s’assit dans le pré devant la maison et composa frénétiquement un numéro d’urgence sur son téléphone. Il se maudissait de ne pas avoir choisi une autre destination de voyage… L’Islande est l’un des endroits les plus sûrs au monde, prétendait son guide.

Evan jeta un long regard sur les champs verdoyants caressés par le chaud soleil estival, les fabuleuses montagnes se profilant au loin, les reflets scintillants dans les eaux bleutées du fjord, les îles ravissantes…

Plus maintenant, songea-t-il en entendant la voix de l’opérateur.

Plus maintenant.

Nátt, pages 15,16 et 17.

Ragnar Jónasson, Nátt, éditions de La Martinière. 352 pages, 21€, parution le 8 mars 2018.

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