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#CHERBOURG - #CULTURE - Musée Thomas Henry : restauration d'un chef-d'oeuvre du musée !

#CHERBOURG - #CULTURE - Musée Thomas Henry : restauration d'un chef-d'oeuvre du musée !

Malgré la fermeture au public des musées liée aux mesures gouvernementales, la restauration d’une des œuvres majeures du musée Thomas Henry a pu commencer sur place depuis le 2 novembre. Edith retrouvant le corps d’Harold après la bataille d’Hastings, tableau aux dimensions imposantes peint par Horace Vernet pour le salon de peinture de Paris de 1827, est actuellement restauré par l’équipe de la Fabrique de patrimoines en Normandie.

3,70 x 4,35 mètres : ce sont les dimensions de l’œuvre Édith retrouvant le corps d’Harold après la bataille d’Hastings peinte par Horace Vernet pour le Salon de peinture de Paris de 1827 et exposée au musée Thomas Henry.

Cette œuvre fait actuellement l’objet d’une restauration par la Fabrique de patrimoines en Normandie au cœur du musée.

« Cette œuvre est une pièce majeure de la collection du musée Thomas Henry et il s’avérait nécessaire de la restaurer dans les meilleurs délais pour maintenir son état de conservation. Nous remercions les partenaires qui accompagnent la Ville dans ce projet », tient à souligner Catherine Gentile, adjointe à la culture et au patrimoine.

UNE ŒUVRE D’HORACE VERNET INSPIRÉE D’UN ÉPISODE DE LA BATAILLE D’HASTINGS

Le tableau du musée Thomas Henry Edith retrouvant le corps d’Harold après la bataille d’Hastings peint par Horace Vernet en 1827 s’inspire d’un épisode de la bataille d’Hastings, tel que raconté par l’historien romantique Augustin Thierry dans L’Histoire de la conquête de l’Angleterre par les Normands (1825).

Au lendemain de la bataille d’Hastings (1066), qui a vu triompher les armées de Guillaume le Conquérant, des moines de l’abbaye de Waltham se mettent en quête de la dépouille du roi saxon Harold, tué d’une flèche dans l’œil, pour lui donner une sépulture décente. Après de vaines recherches, ils requièrent l’aide de la maîtresse d’Harold, Édith, surnommée « la belle au cou de cygne ». Vernet représente l’instant, intensément dramatique, où Edith reconnaît le corps de son amant mort.

 

L’HISTOIRE DE l’ŒUVRE : DU SALON DE PARIS EN 1827 AU MUSÉE THOMAS HENRY

Exposée à Paris, au Salon de 1827, cette peinture monumentale surprend le jury et la critique d’art par sa rapidité d’exécution. Alexandre Dumas se dit quant à lui « singulièrement séduit » par l’œuvre. À l’issue du Salon, l’œuvre est acquise pour la somme importante de 15 000 francs par un riche fabricant lyonnais de textiles. Du fait de difficultés économiques, son propriétaire doit par la suite s’en séparer. En 1844, un marchand de tableaux dont la boutique est située boulevard des Italiens, dans un quartier parisien à la mode à l’époque romantique, achète le tableau.

En 1870, cette peinture entre dans la collection de Jean Polydore Le Marois, maire du Vicel et futur député de la Manche, issu d’une grande famille d’hommes politiques et de militaires très implantés dans le Cotentin. La famille possède notamment le château de Pépinvast. Le comte Jean Polydore Le Marois fait installer l’œuvre dans l’hôtel particulier somptueux du VIIIe arrondissement de Paris que son père avait fait construire par Henri Parent en 1863.

Sa fille, comtesse de Ganay par mariage, hérite du tableau et de l’hôtel particulier. Souhaitant vendre sa demeure, elle décide en 1926 de proposer le tableau, dont les dimensions monumentales ne permettent pas un transport facile, à la Ville de Cherbourg. Cette dernière accepte avec reconnaissance mais le musée Thomas Henry, alors installé à l’Hôtel de Ville manque de place pour accueillir l’œuvre. Celle-ci est donc expédiée par train et accrochée, sans son cadre qui a dû être retiré pour permettre le passage du tableau, à la bibliothèque de la Société des Sciences de Cherbourg !

 

UNE RESTAURATION SUR PLUSIEURS MOIS AU CŒUR DU MUSÉE

L’étude préalable a permis de déterminer que le tableau a été rentoilé à la colle de pâte. Cette opération joue encore un rôle satisfaisant de consolidation d’une toile originale légèrement oxydée et déchirée par endroit. L’ensemble du support présente des déformations et des problèmes de tension et de fixation.

Ces problèmes mécaniques ont affecté la couche picturale en provoquant des soulèvements de matière picturale et de mastics. La couche picturale est encrassée, fragile et usée. Des repeints anciens débordants sont problématiques.

Le vernis est épais et irrégulier. La restauration du support se déroulera en plusieurs étapes de novembre 2020 à février 2021 au sein du musée : décrochage du tableau, démontage de la toile de son châssis, dépoussiérage du revers, consolidation des bords de la toile, traitement des déchirures et perforations, pose de pièces de renfort, changement de châssis (châssis flottant en aluminium). La couche picturale sera décrassée, le vernis allégé, les repeints dégagés. Les lacunes seront mastiquées puis réintégrées de façon illusionniste. Enfin, le tableau sera reverni.

Le cadre est restauré à Rouen par l’atelier Giordani et la lithographie enchâssée dans ce cadre est restaurée dans les ateliers de la Fabrique de patrimoines à Caen. La restauration, qui s’élève à près de 35 000 €, est financée par la Ville de Cherbourg-en-Cotentin, le Fonds régional de restauration pour les musées, la Société des Amis des Musées de Cherbourg-en-Cotentin et du mécénat.

La restauration du tableau d’Horace Vernet est prévue du 2 novembre 2020 au mois de février 2021, dans la salle des peintures du XVIIe siècle du musée Thomas Henry. Elle pourra être suivie par le public dès réouverture possible du musée, et dans ce contexte de fermeture sanitaire, est relayée sur la page Facebook du musée Thomas Henry et sur le site Internet cherbourg.fr

 

FOCUS SUR HORACE VERNET, LE PEINTRE DES BATAILLES

Petit-fils du peintre de marines Joseph Vernet et fils du peintre de chevaux Carle Vernet, c’est tout naturellement qu’Horace Vernet (Paris, 1789-1863) embrasse une carrière artistique sous le Premier Empire. Il se fait connaître comme peintre de batailles. Il obtient de nombreuses commandes officielles sous la Restauration et la Monarchie de Juillet. Il réalise notamment une suite de grandes peintures de batailles pour le musée historique de Versailles du roi Louis-Philippe.

Son style, un peu raide et théâtral, lui vaut les foudres de certains critiques d’art, à l’instar de Charles Baudelaire, qui le qualifie de « militaire qui fait de la peinture », ou de Théophile Silvestre, qui le surnomme le « Raphaël des cantines ».

Horace Vernet est perméable aux idéaux artistiques de son temps et partage avec les peintres de la génération romantique un intérêt pour de nouvelles périodes historiques, comme le Moyen Âge.

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