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#CULTURE - #MUSEE - #ROUEN - Réouverture du Hangar 107 demain !

Réouverture du Hangar 107 demain!

COMMUNIQUE !

Le Hangar 107 est  de retour!

OUVERTURE CE MERCREDI 19 MAI À 14H

Horaires : Du mercredi au vendredi de 14h à 19h

Samedi et dimanche de 10h à 19h

107 allée François Mitterrand 76100 Rouen

Exposition d'Olivier Kosta-Théfaine au Hangar 107 dés demain

Cette sorte de sourire que sont parfois aussi les fleurs, au milieu des herbes graves" Le titre, emprunté à l’auteur suisse Philippe Jaccottet, est aussi poétique qu’énigmatique. Derrière ce vers se cache la première exposition rétrospective des œuvres d’Olivier Kosta-Théfaine. Pour le Hangar 107 à Rouen, l’artiste a réuni un ensemble représentatif de pièces originales ou réinterprétées qui ont jalonné sa carrière jusqu’à aujourd’hui, tout en prenant soin d’en proposer de nouvelles. S’il pose pour la première fois un regard rétrospectif sur vingt-cinq ans d’une production plastique singulière, il offre aussi la possibilité d’embrasser une production jusque-là présentée de façon éparse. Et c’est dès l’entrée du centre d’art, dans cette antichambre qui sépare le lieu d’exposition du monde extérieur, qu’il intervient en appliquant de façon obsessionnelle et aléatoire la flamme d’un briquet sur la totalité de la surface du plafond. Celui-ci se couvre alors de motifs abstraits pour composer une symphonie visuelle. Olivier Kosta-Théfaine vient du graffiti, un art issu comme lui des banlieues. Il incarne une sorte de transfuge de classe artistique. Passé de la rue à la galerie, il choisit comme outil le langage populaire, applique à la création plastique les codes du vandalisme, trop souvent associés à l’oisiveté des jeunes des cités. Dès 2005, il s’applique à réaliser des plafonds brûlés au briquet, à la manière de « ceux qui squattent les cages d’escaliers ». Cependant, le résultat est envisagé d’un point de vue artistique. Il est validé, admiré, par ceux-là même qui le dénoncent comme une méthode de dégradation lorsque qu’elle s’opère dans les immeubles de banlieue. Cette approche se confirme avec Souvenirs des Indes (2011), œuvre sous vitrine dans laquelle se percutent urbanisme et exotisme. Présentés comme des objets précieux, les morceaux de béton proviennent en fait des décombres d’un bloc d’immeubles HLM, la cité des Indes, dynamitée en 2010. En rendant ces fragments inaccessibles, les vitrines les sacralisent, suscitant la curiosité du visiteur pour mieux le confronter à une réalité qui n’est pas la sienne : celle de la relégation des espaces périphériques. Originaire de Sartrouville, l’artiste exprime le rapport ambigu, entre attrait et aversion, qu’il entretient avec sa ville dans Supporters (2005) : onze écharpes de supporters aux noms et aux couleurs des cités du Plateau à Sartrouville. Les Indes, le Théâtre… Soutenir coûte que coûte sa cité, la défendre jusqu’au bout, à la manière de l’ultra qui soutient son équipe de foot et qui, quoi qu’il arrive, portera toujours fièrement ses couleurs. Avec cette pièce, on accède à la salle d’exposition du Hangar 107. Tout à côté s’exprime l’immense poésie des Paysages de banlieue, ensemble d’œuvres sur papier de grand format montrant non pas des arbres mais le souvenir de ceux-ci – en l’occurrence, des marronniers –, réminiscence de l’adolescence de l’artiste à travers ce qu’il voyait depuis la fenêtre de son salon. En effaçant tout autre présence urbaine (parking, voies de chemin de fer…), il invente une banlieue bucolique, paisible, dont seules la couleur sépia et les craquelures du papier – chaque arbre est dessiné à la flamme du briquet – témoignent des difficultés d’une vie de banlieusard. Cette résurgence de l’adolescence se manifeste encore dans Sans titre (Villa Daumier), où l’artiste recrée le papier peint rayé qui habillait les murs de sa chambre d’alors. Neuf traits gris sont nécessaires pour un trait de couleur. Celui-ci répond aux couleurs primaires : bleu, vert, rouge, jaune. Inlassablement, les rayures se répètent dans cet ordre précis. Lui faisant face, l’inédit Sans titre (jardinières) (2020) propose pour uniques bancs aux visiteurs de l’exposition des jardinières de béton, les mêmes que celles qui sont omniprésentes en banlieue, où mauvaises herbes et débris divers ont remplacé depuis bien longtemps la moindre fleur. Ces jardinières font souvent office de point de rendez-vous pour boire une bière, fumer un joint. Elles nous conduisent jusqu’au mur du fond, rythmé par des cadres renfermant L’esprit souterrain, se poser parmi les fleurs : une moquette, ou plutôt des fragments de moquette, dont les motifs floraux sont empruntés au design des strapontins et des sièges des trains de la ligne A du RER à Paris, celle-là même qui dessert Sartrouville. Cette pièce était initialement installée dans les caves du Domaine Pommery qui en est le commanditaire. Condamnée à la disparition en raison de ses conditions d’exposition – une température trop basse, un taux d’humidité maximal, le passage permanent des visiteurs –, elle se donne ici à voir dans une version, vieillie, tachée, salie, mémoire d’une année dans les caves du célèbre vignoble champenois. Cet état dégradé convoque les souvenirs enfouis du dernier RER, celui que l’on prend pour rentrer chez soi, et qui s’inscrit dans un milieu hostile. Contourner les embuches semble le lot quotidien du banlieusard nocturne. Les actes de vandalisme sont courants. Ironiquement, les vestiges de la moquette mise à mal par des curieux amateurs de champagne correspondent trait pour trait aux restes de la moquette vandalisée du dernier RER. Les apparences sont trompeuses. Olivier Kosta-Théfaine aime s’en saisir pour instiller le trouble. Pas d’inquiétude cependant : ici, bien encadrées et accrochées au mur, les reliques deviennent œuvres d’art. Sur le mur d’en face se détache la trace évanescente laissée par le noir de fumée, ce qui reste d’un feu de poubelle, le délicat stigmate d’un acte violent, connoté. De la destruction nait une forme de fragilité, l’élégance de l’infinie nuance d’un dégradé qui s’invente dans le noir de fumée. L’exposition s’achève sur un ensemble de cartes postales consacrées à Sartrouville, toutes plus incongrues les unes que les autres tant la commune est dépourvue de toute attraction touristique. La banlieue s’étend indifféremment sur des kilomètres. Son pouvoir d’attraction semble limité, inexistant, si on le compare à celui, démesuré, de la ville qu’elle ceinture. Elle en constitue l’éternelle marge, celle-là même sur laquelle l’artiste propose de poser un autre regard, comme il le fait avec ces cartes postales imaginées avec beaucoup d’humour et d’amour pour la ville qui l’a vu grandir. Elles témoignent de cette attention constante d’Olivier Kosta-Théfaine à ramener la périphérie vers le centre.

Guillaume Lasserre

Découvrez la réalisation de "Symphonie", oeuvre produite au briquet BIC et au noir de fumée par l'artiste Olivier Kosta-Théfaine au Hangar 107

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