Concert fête de la musique - Ensemble Correspondances - Abbaye du Mont-Saint-Michel ! - Cotentin Web le Site
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Concert fête de la musique - Ensemble Correspondances - Abbaye du Mont-Saint-Michel !

Concert fête de la musique - Ensemble Correspondances - Abbaye du Mont-Saint-Michel !

Le Centre des monuments nationaux et l’Etablissement public national du Mont-Saint-Michel proposent un concert de l’Ensemble Correspondances autour de la Musique de Charpentier pour Molière et les Divertissements de Louis XIV

A l’occasion de la fête de la musique le 21 juin 2022, le CMN et l’Etablissement public souhaitent faire résonner musique de Charpentier et textes de Molière au cœur de l’abbaye du Mont-Saint-Michel grâce à l’Ensemble Correspondances qui réunit chanteurs et instrumentistes sous la direction du claveciniste et organiste Sébastien Daucé.

En 1670, le jeune Charpentier rejoint la troupe des Comédiens Français alors que Molière, tout juste brouillé avec Lully, recherche un musicien de talent qui pourra tourner quelques notes sur les vers des intermèdes qui entrecoupent les actes de ses comédies.

Le Malade imaginaire, Les Plaisirs de Versailles, la Comtesse d’Escarbagnas, le Sicilien révèlent un humour franc, subtil, entier, emportant avec lui ceux qui l’entendent ; ce sens de la dérision révèle encore et toujours sa vraie nature : visionnaire, profond et définitivement génial.

Programme Oh la belle harmonie !

Le Mariage forcé • Marc-Antoine Charpentier Le Sicilien • Marc-Antoine Charpentier Les Plaisirs de Versailles • Marc-Antoine Charpentier Le Malade imaginaire • Marc-Antoine Charpentier Ensemble Correspondances Direction, Sébastien Daucé Direction de jeu, Jos Houben et Emily Wilson

Concert dans le cadre du 400ème anniversaire de la naissance de Molière

Informations pratiques

Mardi 21 juin 2022 / Eglise abbatiale à 20h

Concert assis – Durée : 1h30 sans entracte

Plein tarif : 20 € / Tarif moins de 18 ans : 17,50 €

Sur réservation : abbaye-mont-saint-michel.fr

Charpentier ou l’Art de divertir en musique

Charpentier est un sujet paradoxal. On en connaît très bien l’œuvre avec ses vingt-huit magnifiques volumes de partitions, copiées de sa main ; en même temps, ce n’est probablement que la partie émergée de l’iceberg. Ensuite, les principaux jalons de sa carrière sont connus mais on ne sait rien de sa formation. On le reconnaît aujourd’hui comme le plus grand compositeur de musique sacrée du Grand Siècle, et en même temps… en même temps quoi d’ailleurs ? Faut-il que les œuvres qui nous font entrer dans les profondeurs de l’âme ne soient dues à la plume de vieux barbons sévères ? Le contrepoint exclue-t-il l’humour ou la bonne chère ? Là où le sieur Jean-Sébastien Bach a prouvé que tout cela était bien compatible (et de quelle manière !), nous en sommes pour Charpentier réduit à des conjectures : seule sa musique peut nous révéler ce mystère. A priori, une belle ouverture, lardée de croustillantes et fausses relations, de délicieuses harmonies dissonantes nous indiquerait volontiers un personnage chez qui la notion de plaisir n’est pas absente !

Il faut effectivement passer les sublimes pages de leçons de ténèbres, de motets pour les Guise, de psaumes pour les Jésuites, pour tomber sur quelques feuillets autrement truculents, et s’apercevoir que tout au long de sa vie, notre Marc-Antoine Charpentier n’est pas indifférent à l’humour. Est-ce à ce titre que Molière repère dès le début des années 70 (1670), ce jeune compositeur tout juste rentré d’Italie ? Le grand Molière, tout juste brouillé avec l’autre Baptiste (Lully) ayant tiré toute la couverture LouisQuatorzienne à lui, recherche un musicien de talent qui pourra tourner quelques notes sur les vers des intermèdes qui entrecoupent les actes de ses comédies. Ainsi, le jeune Charpentier rejoint-il la troupe des Comédiens français. Des œuvres qui naissent de cette collaboration, la plus célèbre est le Malade Imaginaire (mais aussi la dernière avec Molière lui-même). Bien d’autres encore nous sont parvenues, révélant tout le fantasque débridé que le public d’alors attendait : on voulait rire franchement, de sujets qui nous semblent aujourd’hui tout à fait inconvenants (par exemple, l’image de la femme décrite dans l’intermède du Mariage forcé). L’humour se transforme d’un siècle à l’autre : il était potache et franc, tout le public en riait (femmes comprises), il est devenu politiquement incorrect et on le lit maintenant au second degré.

Les planches d’un théâtre comique comme celui de Molière, comme ce lien populaire direct (qu’on retrouve dans de nombreux airs à boire, plus ou moins graveleux dont les double-sens font florès) sont évidemment le lieu idéal de l’humour en musique. Charpentier s’y illustre pourtant dans des contextes tout à fait différents. Le divertissement de cour est censé n’être qu’un panégyrique continu de la figure de Louis XIV. Charpentier (et un librettiste inconnu) met en scène, avec les Plaisirs de Versailles une saynète se déroulant dans les petits appartements de la cour - dont les soirées étaient réglées par une étiquette quasi-dictatoriale, où chacun savait l’animation – musique, jeux, poésie etc… - dans quel salon, à côté de qui et qui y paraitrait. Les Arts se réunissent… mais ne s’y accordent pas : la musique, ravie de sa propre splendeur y déroule un chant sublime, vite interrompu par la Conversation : toutes deux en viennent quasiment aux mains pour avoir la préséance. Quand on imagine comment les musiciens de cour de l’époque en venaient à n’être que le fond sonore du babil des courtisans, cela ne manque pas de piquant ! Le Jeu leur propose de se taire toutes deux pour se concentrer sur le Tric-Trac, les échecs ou les cochonnets… Les deux caqueteuses n’en démordent pas, et c’est Comus, le dieu des festins, qui par des trésors de gourmandises parviendra à les calmer. L’humour de Charpentier, dans un contexte aussi solennel et convenu est assez virtuose : la scène chantée y est cocasse, par ses interruptions, ses querelles, mais il est aussi doucement subversif : la scène étant le miroir des gens qui y assistent alors !

Charpentier fait preuve tout au long de sa vie d’un humour franc, subtil, entier, emportant avec lui ceux qui l’entendent ; ce sens de la dérision révèle encore et toujours sa vraie nature : visionnaire, éminemment subtil, profond et définitivement génial.

Sébastien Daucé, directeur musical de l’Ensemble Correspondances

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